Décret réflexion 3 : lien + supplément

http://present.me/view/320647-dias_a_sonoriser-2

Réflexion 3 : 2 questions supplémentaires

 

  • Le décret paysage favorise-t-il la réussite par rapport au décret Bologne ?

L’esprit est à la pédagogie de la réussite…mais que penser de cette réussite à 10 voire de cette réussite de l’Unité d’Enseignement complète à 10 ? Pour deux cours à l’intérieur d’une même unité, l’étudiant peut y parvenir avec 18/20 au premier et 2/20 au second. Et que dire des étudiants intelligents s’il en est, comme en témoigne cette stratégie qui consiste à ne pas « perdre de temps » à étudier un cours peu crédité pour se concentrer sur l’autre. Voire ne venir que le signer, histoire de faire acte de présence.

Nos étudiants seront-ils toujours formés globalement pour la profession ou choisiront-ils les notions dans lesquelles ils excellent déjà pour réussir leur cursus ?

 

  • Le décret paysage harmonisera-t-il significativement les diplômes européens ?

Les mêmes intitulés de cours recouvrent-ils les mêmes contenus ?
Et deux mêmes intitulés comportent-ils autant de crédits ?
Et même si tout est homogénéisé, les évaluations certificatives seront-elles du même acabit ?
Que faire du rôle de la langue orale utilisée dans nos cours ? A-t-elle la même importance dans toutes les matières ?

Beaucoup de questions, j’écoute vos réponses.

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Décret réflexion 2

Réflexion 2 : Terminologie

 

FORME D’ENSEIGNEMENT  (15.39) : Haute Ecole

TYPE DE FORMATION (4.1) : enseignement supérieur de type court

SECTEUR (83.1) : sciences psychologiques et de l’éducation

DOMAINE D’ETUDES (83.1) : catégorie paramédicale ; section : logopédie

PROGRAMME D’ETUDES (15.10) : Bachelier

UNITE D’ENSEIGNEMENT (15.65) : LOGO 210

ACTIVITES D’APPRENTISSAGE (76-77) : des enseignements organisés par l’établissement, notamment des cours magistraux, exercices dirigés, travaux pratiques. ECTs : 4

 

Décret, réflexion 1

D’après l’Article 3. – § 1er du Chapitre II du Décret Paysage (20.12. 2013)

6 Objectifs généraux  hiérarchisés (pour le cours de : Méthodologie des tests, de la voix, de la parole et du langage, Bloc 2) :

1° promouvoir l’autonomie et l’épanouissement des étudiants, notamment en

développant leur curiosité scientifique et artistique, leur sens critique et leur

conscience des responsabilités et devoirs individuels et collectifs;

2° accompagner les étudiants dans leur rôle de citoyens responsables, capables

de contribuer au développement d’une société démocratique, pluraliste et solidaire;

3° transmettre, tant via le contenu des enseignements que par les autres

activités organisées par l’établissement, les valeurs humanistes, les traditions

créatrices et innovantes, ainsi que le patrimoine culturel artistique, scientifique,

philosophique et politique, fondements historiques de cet enseignement, dans le

respect des spécificités de chacun;

4° développer des compétences pointues dans la durée, assurant aux étudiants

les aptitudes à en maintenir la pertinence, en autonomie ou dans le contexte de

formation continue tout au long de la vie;

5° garantir une formation au plus haut niveau, tant générale que spécialisée,

tant fondamentale et conceptuelle que pratique, en vue de permettre aux étudiants

de jouer un rôle actif dans la vie professionnelle, sociale, économique et culturelle, et

de leur ouvrir des chances égales d’émancipation sociale;

6° inscrire ces formations initiales et complémentaires dans une perspective

d’ouverture scientifique, artistique, professionnelle et culturelle, incitant les

enseignants, les étudiants et les diplômés à la mobilité et aux collaborations

intercommunautaires et internationales.

Commentaires :

Dans le cadre de ce cours, le premier point est prépondérant. Face à la multitude des tests logopédiques qui existent sur le marché, l’étudiant doit être capable (dans moins d’un an !) de faire le choix entre les tests :

  • qu’il achètera parce que reconnus universellement et incontournables,
  • qu’il consultera ou expérimentera par « piratage » (photocopies, fabrication maison,…) pour mieux juger de leur efficacité et/ou de leur pertinence.

Pour les premiers, il décidera en toute autonomie, pour les seconds, il aiguisera son sens critique en accordant ou non sa confiance, selon des critères objectifs, expérimentaux et/ou dictés par certaines nécessités spécifiques à sa patientèle.

Le deuxième point est corollaire du précédent. De la même manière que nul n’existe isolément, aucune théorie n’est digne de confiance si elle n’est pas soutenue, confirmée et confrontée à un contexte général, lequel reflète la réalité et l’essence même de nos sociétés pluralistes et citoyennes, démocratiques et solidaires. L’objectivité et le recul sont de mise. Comment éviter la moquerie facile ou la méfiance face à des populations multiples et variées, sinon en prenant conscience des différences de l’Autre et en le respectant ?

Le troisième point complète le précédent, en présentant nos cours, nos échanges et nos réflexions dans un cadre qui, loin d’être confiné au seul aspect scientifique, s’inspirera de nos valeurs, de nos traditions et de notre patrimoine historique, philosophique ou encore politique.

Le quatrième point nous invite à former nos  étudiants bien plus dans la durée que dans l’instant. À quoi bon réussir un examen si c’est pour s’empresser ensuite de tout oublier ? Et comment mieux retenir un cours, sinon en l’inscrivant dans une thématique qui conduit à une réflexion permanente et réactualisée, au fur et à mesure de l’évolution de nos connaissances ?

Le cinquième point : il est illusoire d’imaginer être capable d’assurer d’emblée une formation au plus haut niveau. Mais il l’est beaucoup moins de se fixer pour objectif de fournir égalitairement à tous nos étudiants, les bases suffisantes pour l’acquérir par eux-mêmes. L’égalité n’abolit pas la différence, elle l’intègre et s’en enrichit !

Le sixième point nous donne à penser que le savoir est en perpétuel mouvement et nous renvoie à la  notion de formation permanente. Nous sommes spécialistes du langage, mais le langage est universel et protéiforme. Il s’ouvre à l’art, à la culture et à la science, bien au-delà des mots. Lesquels ne sont qu’un vecteur pour accéder à une connaissance aussi universelle que possible, c’est à-dire se nourrissant nécessairement de nos échanges et de nos collaborations : intercommunautaires, internationales ou intergénérationnelles.

 

Ces objectifs ont-ils été débattus dans mon établissement ?

La Direction de mon établissement est fortement conscientisée par les décisions, les objectifs et  les implications du « Décret Paysage ». Notre juriste est souvent mise à contribution pour interpréter et/ou éclaircir certains points. Toutefois, en ma qualité de professeur, à propos des 6 points généraux évoqués supra, je n’ai jamais été personnellement interrogée. Si discussion il y a eu, c’est en amont.