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Innovation 2 questions supplémentaires

Innovation questions supplémentaires

  1. Le principe de la classe inversée est-il vraiment réalisable en grand groupe (de 50 à 200 étudiants), en amphithéâtre et en tenant compte des horaires déjà très chargés des étudiants ?
  2. Les MOOC et autres innovations technologiques mettent-ils vraiment les étudiants sur un plan plus égalitaire ?

Innovation question 2

L’innovation pédagogique et l’apprentissage à l’ère du numérique :

une perspective nord-américaine.

 

Question 2 (stratégies éducatives). Mes choix.

1.     Classe inversée.

1.1        Pourquoi ?

Parce que cette stratégie me séduit sur le terrain. En effet, il me paraît possible de l’adapter en tout ou en partie à plusieurs de mes cours, à savoir :

  • Travaux Pratiques Dirigés (discussion en classe),
  • Langage Ecrit (critique des méthodes de rééducation en classe),
  • Méthodologie des tests bac 2 (exercices en classe),
  • déontologie (cas critiques à discuter en classe).

Les étudiants pourraient préparer chez eux la théorie et, soit nous en discuterions en groupe au cours suivant, soit je leur proposerais directement des exercices.

1.2        D’accord ? Pas d’accord ?

Je ne partage pas l’avis du Pr. J. Raynauld quand il précise qu’habituellement « la théorie est vue en classe et les exercices faits à la maison ». Ce n’est pas mon cas. J’ai pris l’habitude de combiner théorie et pratique en cours. Mes étudiants me disent avoir des plannings surchargés au point de m’avouer devoir « brosser » d’autres cours pour dégager le temps nécessaire à l’exercice de travaux à domicile. Je sais que l’argument n’est sans doute pas applicable à tous : certains sont sans doute plus performants que d’autres. Pour autant, je ne peux pas me permettre d’abandonner une partie de la classe en route ni de contribuer à la désertion des cours de mes collègues ! Donc, je tiens compte de leur avis. Je pense qu’il faut en débattre en fonction de la situation sur le terrain et suggère, en tout état de cause, d’intégrer les travaux pratiques dans les ECTS, en allégeant les heures présentielles.

Autre remarque  en ce qui concerne les « classes inversées », stratégie qui semble s’appliquer par petits groupes. Une pratique impossible à transférer dans le contexte qui est le mien où les classes comptent de 50 à 200 étudiants. La stratégie est intéressante, sans doute porteuse, mais elle doit être revue, repensée et modifiée pour la rendre applicable quand on quitte la classe pour l’amphithéâtre !

D’accord sur le principe donc, mais réflexion nécessaire pour la mise en pratique. L’intérêt, c’est un « plus » par rapport à un cours ex-cathedra, sans quoi ce n’est pas la peine.

1.3             Ressources du conférencier :

http://chronicle.com/article/Introduction-to-Ancient/140475

http://chronicle.com/article/Inside-the-Flipped-Classroom/141891/?cid=wc

http://www.nytimes.com/2009/01/13/us/13physics.html

Elles sont instructives et axées sur la pratique et le vécu des professeurs qui admettent les difficultés rencontrées, tant avec les étudiants qu’avec les établissements, et insistent sur le surplus de travail que cela leur impose, principalement dans la phase de discussion en groupe. Elles sont toutefois assez redondantes avec la conférence et apportent peu d’éléments nouveaux et/ou scientifiques.

 

1.4        Ressource personnelle :

http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740

Je n’ai pas recoupé les informations, mais M. Lebrun me semble cohérent et crédible.  Il cite d’autres sources que celles retenues par le conférencier. Certaines sont connues et méritent d’être développées. Par ailleurs, M. Lebrun présente un petit historique de la notion de « clase inversée », relativise le concept et produit un essai de modélisation théorique. L’analyse me semble plus riche. La hiérarchisation des niveaux de classe inversée constitue l’une de ces richesses.

2.   Compétences.

2.1        Pourquoi ?

Parce que cette stratégie me paraît être un fondement incontournable du but à atteindre dans notre rôle de professeur. C’est d’autant plus essentiel pour moi que mes enfants ont suivi toute leur scolarité en pédagogie Freinet, laquelle propose une approche axée sur le célèbre principe de Montaigne : « Plutôt une tête bien faite qu’une tête bien pleine ». Pendant mes cours, j’essaie souvent de mettre les étudiants en situation de réflexion pour qu’ils ajustent leurs points de vue à la réalité de terrain. Parce que tout principe, aussi pertinent soit-il, n’est pas un diktat. Un principe n’est pas la vérité, il l’illustre !  À ce titre, il doit souffrir d’être débattu, amendé, adapté, voire remis en question. Pour certaines évaluations certificatives, les examens se passent chez moi « à livre ouvert ». Parce que je veux que mes étudiants sachent qu’il est parfois plus important à mes yeux de démontrer sa capacité à maîtriser l’information qu’à la mémoriser.

2.2        D’accord ? Pas d’accord ?

Le Pr. M. Raynauld insiste sur les compétences que les étudiants universitaires auraient dû mettre en action pendant leurs études.  J’aurais plutôt aimé qu’il nous montrât comment, en tant que professeur, on peut tenter de mieux les développer à travers la formation que l’on propose. La compétence, pas plus que le principe, n’est immuable. En matière d’apprentissage, la vraie compétence, c’est bien moins la résolution du problème que le choix de la solution. En d’autres termes, le résultat compte moins que le cheminement qui y conduit.

2.3             Ressources du conférencier :

http://ec.europa.eu/education/lifelong-learning-policy/eqf_fr.htm

http://www.cic.edu/Programs-and-Services/Programs/Pages/Degree-Qualifications-Profile.aspx

http://www.wgu.edu/

http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323980604579029143959843818.html

La première source n’est pas accessible. L’accent est mis sur les sponsors. Auto publicités par des universités. Peu d’intérêt pour ma propre formation au CAPAES.

2.4             Ressource personnelle :

http://www.bief.be/index.php?enseignement/publications/approche_par_competences_dans_lenseignement_superieur&s=3&rs=17&uid=34&lg=fr

Source issue d’un colloque : « La logique des compétences dans l’enseignement supérieur et cadre européen de qualifications »/ Roegiers, X. /2006. L’auteur cité donne des sources bibliographiques. Il remet en question les valeurs que les enseignants doivent transmettre à l’heure actuelle. Il définit et critique la notion de « compétences » parallèlement aux « savoirs ». Il parle d’enjeux sociétaux majeurs : l’action, le sens, l’évaluation et l’équité face aux innovations pédagogiques. Quelques réflexions par rapport à la place du cadre européen. Il termine par des propositions concrètes par rapport aux contenus des cours et aux évaluations.

Intéressant et donne envie d’investiguer.

3.     MOOC.

3.1        Pourquoi ?

Parce que cette stratégie m’était étrangère. Par curiosité, donc. Une découverte d’autant plus mémorable qu’elle me fut utile dès le lendemain ! En effet, ma fille cherchait une formation postuniversitaire gratuite et se perdait en conjectures. Le lendemain même de la conférence du Pr. M. Raynauld, je lui ai parlé des MOOC et elle y aussitôt trouvé la formation qu’elle recherchait.

3.2        D’accord ? Pas d’accord ?

La présentation du Pr. M. Raynauld vante les multiples mérites des MOOC et intègre même une autocritique. Pour autant, la présentation ne fait état d’aucun élément négatif imputable à cette stratégie éducative. Il doit pourtant bien y en avoir quelques-uns… Sauf à supposer qu’il s’agit là du Graal, de la méthode universelle qui réconcilierait enfin toutes les autres et ferait de l’enseignement une sinécure. Ce que je ne crois pas, bien sûr. Cela dit, cette stratégie étant nouvelle pour moi, je manque de recul pour me risquer à une critique argumentée.

3.3        Ressources du conférencier :

http://chronicle.com/article/The-Major-Players-in-the-MOOC/138817

http://www.ritpu.org/IMG/pdf/RITPU_v10_n02_23.pdf

http://www.nytimes.com/2011/01/21/science/21memory.html?pagewanted=all&_r=0

http://chronicle.com/article/Rwandan-Degree-Program-Aims/141631/

http://chronicle.com/article/MOOCs-Could-Help-2-Year/142123/?cid=wc&utm_source=wc&utm_medium=en

http://www.moocresearch.com/mooc-research-initiative-grants-awarded

Certaines sources sont plus intéressantes que d’autres, je retiendrai les 2ème, 3ème et 4ème.

La deuxième source dresse un historique des MOOC, notion de gratuité cursus, opportunité ou non d’évaluation des étudiants, enseignement de masse, réflexion sur les relations entre MOOC et enseignement plus traditionnel, cognitivisme et les 12 impacts principaux des MOOC. Bibliographie imposante.

Dans la quatrième, on voit une école au Rwanda qui n’a d’autres moyens d’enseigner qu’en passant par les MOOC avant de recourir à la stratégie de la « classe inversée », pour amener la discussion en classe. L’illustration est convaincante et nous offre l’exemple d’un passage réussi de la théorie à la pratique.

3.4        Ressource personnelle :

http://mooc-francophone.com/

Riches en formations gratuites de quelques heures/semaine, pendant 6 semaines. On y trouve des notions pédagogiques vues dans le cadre du CAPAES. J’y reviendrai assurément dès que me cours et devoirs m’en laisseront le temps…

 

 

 

innovation question 1

L’innovation pédagogique et l’apprentissage à l’ère du numérique :

une perspective nord-américaine.

 

Question 1 (grandes tendances éducatives).

Selon la conférence du 8/10/13 de Jacques Raynauld – HEC Montréal, MATI Montréal, intitulée « L’innovation pédagogique et l’apprentissage à l’ère du numérique : une perspective nord-américaine », l’enseignement se doit de suivre les tendances actuelles, même s’il reconnaît que d’excellents cours peuvent être dispensés « à l’ancienne ».

L’intérêt, outre celui d’une mise à jour permanente d’un point de vue technologique – qui permet de rester en phase avec les étudiants – réside également dans le respect des trois grandes contraintes imposées dans l’enseignement :

  • l’accès,
  • la qualité,
  • les coûts de la formation en général.

Sir John Daniel les a schématisées dans « le triangle éternel de l’éducation ». Ce fil conducteur sera la base des innovations passées en revue dans la conférence de J. Raynauld.

D’une manière générale, dans une époque où l’accès à l’information est partout présente, il s’agit de transformer l’enseignement ex-cathedra en des phases d’apprentissages où l’étudiant s’impliquera davantage en préparant lui-même ses cours anticipativement (classes inversées), avant d’en discuter en classe avec le professeur et/ou en mettant en pratique les notions vues au domicile. L’étudiant s’approprie ainsi le cours1 (du moins dans sa partie théorique), le remanie, voire utilise sa propre version avec l’appui et les conseils du professeur.

Pour les MOOC, l’accent est mis sur le libre accès à l’information, assurant une gratuité des formations via le net et une possibilité de certification. Très certainement une sorte d’avenir pour l’enseignement, puisque ce système réduit fortement les coûts de fonctionnements. On irait ainsi vers une massification plus importante des formations. Avec un bémol toutefois : quid de la phase certificative ?

Les portfolios, enfin, sont éminemment réflexifs et permettent l’autoévaluation. Ils globalisent les compétences en intégrant des données autant personnelles qu’estudiantines et professionnelles en général. Ainsi, l’être humain (acteur) est remis en valeur dans sa globalité et n’est plus réduit à ses seules qualités d’étude. Assurément, un moteur dans le chemin de vie que chacun tente d’emprunter.

1 Cf. Montaigne, Essais, Avertissement au lecteur : « Je suis moi-même la matière de mon livre ».

Inégalités : questions supplémentaires

Inégalités, partie 3, 2 questions supplémentaires

  1. Comment communiquer avec les parents et les familles concernant les questions d’inégalités d’accès à l’ES ?

A la lecture des articles et à la vision de la vidéo proposés dans le cadre de ce cours, j’ai appris beaucoup de choses concernant les inégalités. Et je n’ai plus qu’une envie : pouvoir les partager  quand je rencontre des personnes concernées.

Ne pourrait-on pas imaginer que les professeurs eux-mêmes soient des porte-paroles au sein des ES ?

Ou faudrait-il agir en amont, dès le secondaire voire le primaire ?

  1. Quid des étudiants Erasmus ?

 

L’idée est dans l’air du temps, innovante, motivante, attirante,…Mais dans la pratique, peu de choses mises en place pour les étudiants !

Les programmes de cours ne correspondent pas d’un pays à l’autre, les étudiants ne peuvent pas être physiquement présents à certains cours de leur ES d’origine, …

Ne sont-ils pas pénalisés, finalement ? Des recherches montrent-elles des avantages indéniables  (pour les études, pour l’étudiant en tant que personne) ?

J’aurais tendance à penser que c’est génial sur le plan personnel mais je n’ai pas d’élément pour analyser le bien-fondé sur le plan des études et/ou profession future.

Inégalités 3

Partie 3 ­– Question 1

Rien n’est plus contre-productif que la surprise. Il convient donc d’informer clairement les étudiants pour les préparer à faire face aux difficultés qu’ils rencontreront à l’occasion de leur insertion professionnelle, en ce compris les inégalités auxquelles ils seront confrontés. Je m’efforce donc de ne pas nier ces dernières. Ensuite, je les identifie par des exemples concrets. Si ces inégalités peuvent être contournées en optant pour une filière professionnelle qui corresponde mieux à la personnalité de l’étudiant, je le mets en lumière. J’ai la chance d’enseigner dans les trois années de bachelier et au sein de mes divers cours, je ne me prive pas de spécifier les différences entre un exercice libéral de la profession et un exerce de salarié, par exemple afin que les étudiants se projettent doucement dans la réalité et fassent des choix selon leur personnalité. Un étudiant fortement concerné par les problèmes de société et les inégalités entre les personnes sera peut-être plus épanoui au sein d’un établissement  pour personnes handicapées  qu’au service d’une clientèle privée parfois triée sur le volet. Certains se découvriront une passion pour les personnes âgées alors qu’ils pensaient devenir logopède pour ne s’occuper que d’enfants. Et puis, j’ai la chance d’être dans une filière professionnelle encore porteuse d’emplois, pour autant que l’on s’y active un peu.

J’invite mes élèves à se situer par rapport à ces choix pour mieux les trancher. Si les inégalités ne peuvent pas être contournées parce que la course à l’élitisme ne sera jamais éradiquée, j’invite mes étudiants à ne pas se décourager, leur laissant entendre, par exemple, qu’un niveau de compétence acquis de haute lutte s’inscrira bien plus dans la durée qu’un autre, atteint sans trop d’effort. Je tente aussi d’élever le débat démontrant qu’une égalité parfaite entre les personnes est une utopie et que ce n’est pas un drame car on s’enrichit bien plus de nos différences que de nos ressemblances.

Partie 3 – Question 2

La vision selon laquelle chacun a la trajectoire qu’il mérite est convenue, manque d’envergure et a du plomb dans l’aile. L’individu n’évolue pas en électron libre au sein de la Société. Il la compose, aussi individualiste soit-il. Et la composant, qu’il le veuille ou non, il se trouve limité dans ses options et prérogatives par un contexte économique et social sur lequel il n’a aucune prise. Il est donc forcé d’infléchir ses positions, de se remettre en question et d’admettre qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. S’imposer contre vents et marées est plus pathétique que productif.

Inégalités 2

Lecture : « Les inégalités dans l’Enseignement Supérieur : une introduction »

De  Benninghoff, M., Fassa, F., Goastellec, G., Leresche, J.-P. (2012).

 

Question 1

(En tant qu’acteur de l’ES, que signifie pour vous la notion d’inégalités ? Sous quelles formes vous la représentez-vous ? )

La notion d’inégalité représente pour moi bien plus les différencesfactuelles qui existent entre deux personnes pour l’accès à un même cursus ou à une même profession que les différences naturelles qui existent inévitablement entre deux personnes en raison de leur personnalité (caractère, prédispositions, aptitudes …), les deuxièmes ne constituant à mon sens que des inégalités relatives, subjectives, voire arbitraires.

Deux catégories d’inégalités factuelles retiennent plus particulièrement mon attention. La première concerne l’accès aux ES et la seconde la faible représentation féminine à haut niveau (expertise, doctorat) dans une profession (logopède) pourtant majoritairement féminine.

Je partage l’analyse de DUBET qui dénonce l’élitisme et les inégalités toujours bien présentes, derrière un discours en « trompe-l’œil » prônant l’égalité des chances et la méritocratie. J’aspire aussi à une égalité parfaite entre les individus. Je pense qu’il faut lutter contre toutes les situations qui génèrent, entretiennent voire exacerbent ces inégalités, en ce compris par la pratique d’une forme de discrimination positive.

En revanche, j’ai conscience qu’une telle égalité est utopique car nous vivons dans une société de plus en plus dirigiste où le système prévaut toujours davantage sur l’individu. Le jour où homme et femme, riche et pauvre, seront sur un strict pied d’égalité n’est hélas pas pour demain. Je n’ai pas pour autant l’impression de combattre des moulins à vent car je sais que nos différences naturelles sont bien plus des richesses que des handicaps. Je suis convaincue que c’est bien plus en les entretenant qu’en les ostracisant que nous parviendrons petit à petit à faire évoluer les mentalités et à changer les fondamentaux de notre Société. C’est l’inégalité qu’il faut combattre, pas la différence !

Question 2

(Dans quelle mesure la question des inégalités affecte-t-elle vos pratiques d’enseignement ? Illustrez votre réponse par des faits concrets).

En tant que professeur, je suis quotidiennement confrontée à de multiples inégalités entre mes étudiants. Par exemple en matière de capacités cognitives, organisationnelles, ou communicationnelles. Mais il peut s’agir de tout autre chose. Du type d’études réalisées précédemment, de la motivation, de l’immaturité ou de l’indécision, par exemple. Il va de soi qu’un étudiant qui sait ce qu’il veut et ne se pose plus de question quant à la pertinence de ses choix est plus motivé, plus disponible et naturellement plus brillant qu’un autre. La situation sociale de l’étudiant joue aussi un rôle. Doit-il exercer un travail rémunéré après journée pour financer ses études et son logement ? Les parents sont-ils présents ou absents ? S’ils sont présents, quel type d’aide peuvent-ils apporter ? Une aide matérielle ? Psychologique ? Les deux ? Il y a de très nombreuses causes susceptibles de provoquer des inégalités.

Ma préoccupation première est donc d’identifier ces causes. Pour cela, je m’efforce d’être à l’écoute, de repérer certaines attitudes ou habitudes révélatrices.  Je reste disponible, ne manque jamais de dire que l’on peut me questionner après les cours, voire solliciter une entrevue.

Si l’étudiant est confronté à des difficultés d’ordre social ou culturel, j’essaie de lui faire comprendre que s’il parvient au bout de son cursus, son mérite n’en sera que plus grand. En effet, toute cause a des effets négatifs et positifs. Il convient donc de minimiser les premiers en responsabilisant l’étudiant (pas question qu’il se complaise dans un rôle de « Calimero ») et de maximiser les seconds pour le libérer, l’encourager et le remotiver.

Si les causes tiennent davantage de difficultés organisationnelles, cognitives ou communicationnelles, j’invite l’étudiant à en prendre conscience et je le dirige vers des lectures, des exercices appropriés ou le Service d’Aide à la Réussite . Il m’est arrivé de dire à certains étudiants que les études n’étaient qu’un mauvais moment à passer mais qu’ils devaient s’y « coller », car je devinais que si la théorie les rebutait, ils se révéleraient en revanche d’excellents praticiens. L’angle de vue, la motivation et l’implication changent tout. Même des difficultés d’ordre organisationnel, cognitif ou communicationnel sont très rarement insurmontables.

J’ai beaucoup d’étudiants français en classe. Les accents sont différents et bien plus multiples encore que les nôtres. Le vocabulaire et l’élocution diffèrent aussi. J’ai remarqué que les étudiants français n’entendent pas la différence entre les sons [é-è]. Or, il faut pourtant bien qu’ils la maîtrisent à l’exercice de leur métier ! Je me sers de ces différences bénignes – qui sont autant de richesses – pour relativiser toute chose et mettre un peu de légèreté dans mon cours. Ainsi, j’aime à dire que logopèdes, orthophonistes ou logopédistes, ce n’est pas du tout pareil.  En effet, les premières sont belges, les deuxièmes françaises ou canadiennes et les troisièmes suisses ! Ce genre d’anecdotes détend l’atmosphère et illustre par l’humour que ni les cours, ni les usages, ni la pratique ne sont figés.